Archive pour juin 2011

Une identité à construire ?

Recherche de l’identité autour des valeurs énoncées dans le « brief » : l’idée de « construire ensemble » où chacun peut dessiner la forme de la veilleuse :

on peut jouer seul ou à plusieurs, c’est une participation légère…

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le « brief »

une ébauche de cahier des charges …

DES VALEURS :

Dimension humaine

Participation légère

Diffusion et multiplication informelle

Lire la suite ‘le « brief »’

des outils de l’éducation populaire…

Au regard du travail de L’EPA ( Education populaire autonome), les valeurs et les objectifs portés par la Veilleuse semblent faire partie du mouvement de l’éducation populaire. Voir ce document de l’EPA sur le citoyen : ( cliquez sur l’image)

 

Dans sa volonté de laisser une place chacun dans la construction collective, la veilleuse porte l’idée d’une pratique du quotidien qui permet de participer à sa transformation, contrairement à des usages où le consommateur ne fait que répéter et exécuter. « Eduquer pour transformer le monde et non pas uniquement pour « s’insérer » dans le monde  » peut-on lire dans les rapport de l’EPA. Effectivement c’est de cette implication de personne dont il s’agit dans les projets de construction collective que La Veilleuse veut porter. Tout comme l’EPA, la Veilleuse veut soutenir l’importance de :

« l’apprentissage des droits » pour la mise en confiance et le sentiment d’être capable d’agir,

« la Prise de parole » pour savoir garder ses droits et exprimer sa voix au même niveau que tous,

« la conscientisation » est un processus qui doit permettre à chacun d’être conscient de l’autre et des fonctionnements de leur environnement,

« la participation », c’est à dire l’implication de chacun pour la transformation de ses modes de vie.

l’approche « andragogique » ou l’apprentissage par projet « vite un rapport de professeur à élève au profit d’une expérience commune.

« l’ouverture au monde », c’est à dire permettre de connaître et reconnaître le travail des autres et pouvoir faire des liens entre les pratiques.

… Autant de valeurs pratiquées dans les structures d’éducation populaire sont commune à la Veilleuse.

Rencontre avec Mimir, un lieu ressource autogéré

Les rencontres avec le milieu associatif local permettent petit à petit de tisser des liens et faire émerger des valeurs, autours des pratiques d’un quartier. La grande diversité des associations présentes dans les quartiers Bourse-Esplanade-Kruteneau retient mon attention et me décide à tester les outils de la Veilleuse là-bas.

Nous rencontrons alors Renaud Tchudy de  la maison Mimir, un lieu ressource alternatif entièrement autogéré, où les services rendus et les animations sont à prix libre,  entièrement basé sur la contribution volontaire. Les espaces mis en communs, les aménagements et divers matériels ont été récupérés ou reçus de dons volontaires. Les travaux engagés dans la maison Mimir n’ont effectivement pas coûté un centime aux services publics, puisque les habitants de la maison sont tous des glaneurs.

« L’association Mimir est née de la rencontre entre des personnes sans domicile et des travailleurs sociaux ayant pour objectif de créer un lieu commun d’habitation et de création. De nombreuses personnes d’horizons divers nous ont rejoint dans l’aventure. La mixité est un pari auquel nous croyons. »

http://www.dailymotion.com/embed/video/xi2ff2_mimir-c-est-quoi_news
Mimir, c’est quoi? par PaulineCroquet

La Maison Mimir est un exemple de A à Z de l’autonomie pour la solidarité. Les locaux de la maison sont tous mis à disposition des associations locales pour les réunions ou le lancement de projet. Ils sont devenus par là un véritable espace de rencontre et de médiation.  C’est cette disponibilité et ce service de mise en relation que la Veilleuse doit pouvoir offrir. L’expérience de la Maison Mimir pose des questions d’implication et de gestion. C’est la confiance et la solidarité de la maison  qui permet à chacun de se sentir concerné, touché, impliqué dans le projet,  facilitant ainsi le fonctionnement collectif  et les projets participatifs de l’espace. La Veilleuse a vocation a mettre en place le même type de climat bienveillant et solidaire pour inciter les usagers du lieu à s’approprier, se sentir concerné et par conséquent,  participer.

une carte interractive ?

A l’image du système des greenmap pour le recencer et donner de la visibilité aux action du développement durable, comment imaginer une carte ouverte centrée non seulement sur le développement durable, mais sur le caractère local et de cohésion sociale ?

Lire la suite ‘une carte interractive ?’

La veilleuse, un espace de la démocratie locale ?

A partir de réflexion sur la question « d’intérêt public », Rencontre avec Gilles Castel, chargé de mission « conseil de quartier » au sein du service de la démocratie locale de le Ville de Strasbourg.

Comprendre la complexité de la structure publique :

La ville de Strasbourg s’organise en deux hiérarchies parallèles : dans chaque quartier comme à la ville, on distingue la mairie et la direction de proximité. Au niveau du maire on trouve donc un DGS ; ceux qui sont les adjoints au maire sont au niveau hiérarchique des DGA ; ensuite nous trouvons des Directeurs de projet et enfin les Chefs de projet. Le service de la démocratie locale s’organise, elle, en 6 structures : les conseils de quartier, les conseils de résidents étrangers, les conseils des jeunes, les ateliers de projet, les ateliers urbains et les ateliers territoriaux de partenaires. Nous nous concentrons sur les services qui concernent directement l’implication des habitants et acteurs locaux sur le projet urbain :

Conseil de quartier : rendre un avis sur les propositions de la ville. Différentes expérimentations de moyens de concertation sont mises en place. Plus précisément, les conseils de quartier sont composés de deux tiers d’habitants (moitié tirés au sort sur liste électorale, et moitié volontaires) un sixième d’associations et un sixième de socio-professionnels.

Les ateliers urbains : projets qui peuvent durer entre un an et demi et deux ans. Ces ateliers sont destinés à dessiner la silhouette urbaine de la ville, à quoi ressemblerait-elle dans 20 ans ?

Les ateliers de projets : S’organisent autour d’un sujet qui est transversal à plusieurs quartier (qui ne peut pas être traité seulement en conseil de quartier), C’était le cas par exemple pour « quel avenir pour les bains municipaux » ?

Les ateliers territoriaux de partenaires : un réseaux de « partenaires » acteurs de terrain ( associations, socio-professionnels, etc) qui permet de faire remonter des diagnostics sociaux et urbains très précis. C’est aussi l’espace d’organisation des grands événements de quartier ( l’été, la rentrée, la fin d’année etc.)

La question de la concertation : Comment s’organise-t-elle dans les conseils de quartier ? quelles en sont les difficultés, les écueils ?

La concertation est un processus qui rallonge souvent considérablement les plannings de projets urbains. Pourtant c’est un défi que la ville veut relever car la politique actuelle fait de la participation citoyenne une priorité. La plupart du temps les conseils de quartiers relèvent d’un démarche centrée sur un « Avis » délivré par les conseils de quartiers. Effectivement lorsqu’un projet est soumis aux conseils de quartiers, il faut d’abord organiser une ou plusieurs réunions de présentation (les conseils peuvent demander des précisions autant qu’ils veulent sur le projet), et ensuite émergent du débat les différents points à améliorer selon le groupe. De ces diagnostics émerge un « avis » soumis à la ville, aux concepteurs, aux services techniques, etc. qui formulent un retour validant ou non les points soulevés par les conseils de quartiers. Ces allers-retours peuvent durer longtemps tant que les habitants et la ville n’arrivent pas à un consensus.

Formation ?

C’est là que se jouent encore beaucoup de difficultés dans la démarche de concertation : comment informer ? qui ? Il se trouve que les techniciens eux-même doivent faire les présentation et explication du projet dans n’importe quel quartier. Il s’agit donc de travailler à l’adaptation de son discours pour chaque type de public présent. Or ce travail didactique n’est pas celui d’un technicien et souvent, il y a conflit autour de la manière de communiquer ces projet auprès des habitants. S’il faut alors organiser des cessions de formation pour les techniciens, il faut aussi imaginer ce type de travail auprès des habitants. Sans quoi plusieurs avis émis par les conseils sont des propositions sur lesquelles la ville n’a aucun pouvoir. Il s’agit donc de bien présenter et distinguer les compétence de la ville de celles de la Communauté Urbaine par exemple. Ainsi s’organisent des petites formations « Qu’est-ce que la ville ? Qu’est-ce que la CUS ?

Gilles Castel soulève aussi le problème de l’organisation du débat. Bien que le conseils soient pensé pour être autonomes ( chaque conseil a un budget de fonctionnement qu’il gère seul et il n’y a aucun élu dans les groupes), il semble qu’il puisse difficilement rester autonome quand au sein du groupe il y a des personnes qui n’ont jamais pris la parole en public au même niveau que d’autres qui ont déjà une carrière politique derrière eux. Le besoin de faire appel à un animateur-régulateur s’est très vie fait sentir. C’est lui qui permet la bonne répartition de la parole et l’orchestration du débat. Au service des conseils de quartier s’est donc ajouté la dimension « d’éducation », où ils proposent des cessions de formation à la prise de parole par exemple.

Ces points de difficulté et solutions proposées sur la communication font de grands échos à mon projet : comment s’organise-t-on pour permettre l’accès à la participation ? Il ne suffit pas de laisser la place aux habitants pour qu’ils s’en saisissent, il y a un travail de communication sur le contexte et peut-être un travail d’éducation ? Comment imagine-t-on des programmes pédagogiques au sein d’une structure comme la veilleuse ?

Concertation ou implication ?

En dehors de ces complications relationnelles et techniques, les habitants ne se plaignent pas seulement de ne pas comprendre ou ne pas pouvoir prendre la parole, certain jugent être consulté trop tard dans le processus de projet. Effectivement c’est un « avis » qu’on leur demande de laisser et non une implication à l’origine du projet. Depuis affectivement la ville fait des efforts de panification pour tenter d’arriver « assez tôt » dans le processus de projet. Pourtant est-ce encore suffisant ? N’est-ce pas la révélation d’un problème de fond sur la démarche de concertation ? quand on veut laisser une place à l’implication du citoyen,  ne faut-il pas travailler avec lui déjà sur  la proposition de projet ? Effectivement c’est une démarche vers laquelle veut tendre le service de démocratie locale. Ce processus dans lequel l’habitant est à l’origine et au centre de la mise en place d’un projet urbain s’appelle « l’auto-saisine ». Jusque là les conseils de quartiers récoltaient des expériences d’usages pour diagnostiquer eux-même et faire des propositions à « soumettre » au jugement des usagers , l’auto-saisie inverse le processus et permet aux usagers de soumettre eux-même des propositions à la ville. C’est ce qui a pu se mettre en lace pour le réaménagement de la place du marché au Neudorf. L’auto-saisine permet d’inscrire un projet qui n’était pas à l’ordre du jour dans les premiers chantiers publics. Ainsi les conseils de quartier peuvent se mobiliser eux-même pour organiser des commissions publiques sur des questions d’intérêt public et formuler une proposition de projet qui se sera prise en compte et évidemment négociée avec les compétences de la ville. Cette démarche évite la situation de conflit interminable dans les aller-retours d’avis entre la vile et les conseils de quartier.

World café

Gilles Castel m’explique alors le concept du World café. C’est une cession organisée sur une demi journée dans un espace loué à cet effet, au Neudorf : les halles du marché. L’espace s’organise en de petits groupes de tables (5-6 chaises) recouvertes de nappe en papier ou tout le monde peut venir s’installer boire un café et gribouiller ses idées et ses propositions sur la nappe. Toutes les vingt minutes, les participants changent de table, l’hôte résume les idées émises par le groupe d’avant. « Il y avait de jeunes couples avec poussettes, des quadras, des personnes âgées, des personnes en fauteuils roulants, toutes les classes sociales étaient présentes. Pour aller plus loin, nous réfléchissons à la façon d’associer les commerçants qui ne peuvent pas toujours, à cause de leurs activités, participer aux réunions le soir. » décrivent Mireille Sturm et Jean-Jacques Fix, membres du conseil. L’interactivité du dispositif met en confiance et  propose une dimension ludique et stimulante. Le fait de proposer de réfléchir autour d’un café évite la connotation lourde et inhibant de la « réunion ».

Ce système est très inspirant pour la veilleuse, il nourrira une réflexion autour des outils de la conception de projet en collectif, les moyens de désinhiber, de stimuler la créativité, d’inviter et de concerner les usagers.

Introduction à la veilleuse…

La veilleuse est un réseau reliant les différents quartiers de la ville de Strasbourg pour soutenir, développer le dynamisme de l’initiative locale et en faire émerger une vision globale. La carte ouverte de Strasbourg est le principal support de cette visibilité. C’est une cartographie en ligne qui révèle dans toute la ville les différents équipements, les structures, les services, et les points d’événements de la cohésion sociale et du développement local. Alimentée par les habitants eux-même, l’actualité de la carte n’est pas accessible seulement sur le net, mais retranscrite et communiquée quotidiennement aux habitants par le biais des « veilleuses de quartier. » Chaque quartier aura effectivement sa veilleuse. La veilleuse est une structure relais d’information, médiateur et animateur de quartier, mais aussi et surtout une force de proposition. Elle s’inscrit au cœur de la vie d’un quartier pour soutenir les projets d’habitants, stimuler l’expression du quartier et habiliter les citoyens à construire ensemble l’avenir de leur quartier.

La veilleuse est un espace autonome détaché de l’image véhiculée par les services de la ville. Pour autant, la veilleuse n’est pas une structure déconnectée des pouvoirs de décision. Elle travaille en étroite collaboration avec la ville qui s’implique directement dans les projets avec les habitants, les associations, les commerçants, les structures socioprofessionnelles etc. La veilleuse se fait médiateur d’un dialogue entre les politiques publiques et les citoyens, et permet la fluidification et la transparence des démarches.