Le design dans l’économie du partage (extraits du mémoire)

Partisans de la réutilisation et de la mutualisation, les usagers, les internautes, s’organisent en petites sociétés pour évoluer dans une économie parallèle. Thredup, le site internet de troc de vêtements et de jouets pour enfants, permet la circulation et la réutilisation de ce matériel dont l’utilisation est de très courte durée puisque les enfants grandissent. Il permet aux jeunes parents à la fois d’acquérir et de se débarrasser de produits presque neufs tout au long de la croissance de leur enfant. Ces nouveaux moyens de consommation  court-circuitent » l’économie centralisée. Avec la plate-forme C to C (Consummer to consummer) Il devient possible de produire et diffuser en vente directe n’importe quelle production personnelle artisanale. Le site compte « 40 millions de biens vendus pour les 3 premiers mois de l’année, soit  77% de plus qu’à la même époque en 2010 et presque 400.000 nouveaux membres s’inscrivent chaque mois. » Ces nouveaux systèmes d’échanges redent de nouveaux accessibles des produits et des services que la société de consommation avaient petit à petit réservé à une classe sociale moyenne ou élevée. Le co-voiturage, devient une solution très économique de se déplacer par rapport aux voyages en trains, le système de troc et de location qui renaît de plate-formes comme Ziloc et autres … rouvrent l’accès aux biens dans la réutilisation des produits etc.

Crise économique

Dans un contexte de crise économique, ces expériences d’échange et de partage interrogent nos comportements traditionnels de consommation. L’accessibilité facilitée par les réseaux sociaux et les nouvelles plate-formes interactive qui se mettent en place sur le web, ouvrent de larges nouvelles possibilités d’échanges. La crise a été l’évident déclencheur et propagateur de l’économie du partage.

« La crise a généré un changement de mentalité, elle a contraint les gens à s’interroger sur les nouveaux moyens à leur disposition leur permettant d’effectuer des économies et de gagner de l’argent à partir de leurs biens […] Pourquoi acheter et posséder alors que l’on peut partager? […] Les usagers prennent conscience qu’ils disposent de ressources inexploitées (matérielles ou liées à leurs compétences) sources de valeur économique, sociale et durable. »

Chacun se voit alors prendre des initiatives dans ces nouvelles formes de consommation, et s’impliquer dans une communauté valorisant les intérêts communs. Au delà d’une simple nouvelle manière de consommer, la réappropriation de l’initiative instaure de nouvelles pratiques au quotidien. Avec la prise conscience des possibilités offertes par l’économie de partage, les modes de vie s’adaptent et évoluent vers de nouvelles pratiques. Dès lors que les usagers s’impliquent dans le fonctionnement de cette nouvelle économie, peuvent-ils être toujours considérés comme des consommateurs? Concepteurs de nouveaux usages, le designer est directement concerné par ces mouvement de société. Des démarches tournée vers l’intérêt général se mettent en place grâce à la contribution de chaque individu dans cette nouvelle économie. Le designer doit alors penser des « usages collectifs », c’est à dire des produits et des services qui laisseraient leur place à l’appropriation par les « consom’acteurs ». Ces derniers que Bernard Stiegler appelle des « praticiens » s’opposent aux « usagers » déconnectés du fonctionnement économique qu’ils ne font que « consommer ».

La confiance :

La nouvelle économie de partage existe dans des échanges basés sur la confiance et la réciprocité. Ce climat est maintenant par un système de jugement fondé sur la « réputation », c’est à dire sur la diffusion d’avis dans les réseaux d’amis collègue ou connaissances qui se font confiance, et qui savent pouvoir compter sur les jugements respectifs des uns et des autres. Cette confiance ne peut s’installer que si le réseau est dense, et que les avis positifs ou négatifs se multiplient. La globalité de ces jugements représentera la « réputation » d’un produit ou d’un service construite par les praticiens aux-mêmes. C’est ainsi que , quand quelqu’un publie une information erronée sur Wikipedia, il est immédiatement corrigé par les membres eux-mêmes. Cet exemple n’illustre pas tant la richesse de complémentarité des connaissances sur Wikipédia, que la capacité d’auto régulation / auto-gestion, d’un tel « dispositif partagé ». Le terme dispositif sera utilisé pour désigner un sytème-produit-service pour ne pas restreindre une innovation dans une forme ou une fonction. Wikipédia est une plate-forme interactive qui rend des services, mais qui permet aussi de dialoguer avec des internautes, et surtout, il est aussi un outil permettant de s’approprier le schéma de la plateforme interactive pour monter soi-même un Wiki. Pour ne pas restreindre dans une forme ou un champs d’action les innovations souvent pluridimensionnelles de l’économie participative, nous choisirons d’en parler sous le terme dispositif, incluant des formes numériques, spatiales, sociales, etc.

L’outil numérique rend possible des échanges extrêmement denses (instantanés et en flux continu), car il supprime les intermédiaire, et les distances entre les participants du dispositif et qu’il s’auto-régule. C’est sur ces aquis de confiance et d’auto-gestion que Rachel Botsman et Roo Rogers fondent le concept de la « consommation collaborative » dont ils éditent un ouvrage en … : What’s Mine is Yours: The Rise of Collaborative Consumption. Nous l’avons esquissé avec l’exemple de la plate-forme Wikipedia, le développement de nouvelles formes d’échanges directs dans l’économie participative a été notamment permise par la démocratisation des nouvelles technologies. Si les formes de troc et d’échange ne sont pas nouvelles, Internet et les systèmes Peer-to-Peer* ont permis leur développement à une toute autre échelle.

Internet a su fédéré un nombre considérable d’internautes autour de diverses préoccupations dans lesquelles de nombreux se reconnaissent encore chaque jour. Supprimant les intermédiaires et les distances, « le réseau Internet facilite la mise en relation de ceux qui possèdent et ceux qui recherchent » (des biens, services, compétences, savoirs, ressources, …) comme jamais auparavant. D’autre part, les systèmes de réputation ont permis d’installer une confiance entre des inconnus « praticiens » du même dispositif et là encore, on aurait jamais imaginé instaurer une telle facilité dans les échanges entre deux inconnus avant la mise en place des systèmes de réputation via internet. Un grand nombre de sites proposent aujourd’hui des alternatives d’hébergement gratuit comme le couchsurfing qui permet à n’importe qui de voyager et se loger sans réservation ni frais chez un habitant membre de la communauté sur un simple accord de confiance. Derrière ces plate-formes d’échanges se trouvent des systèmes d’autogestion issus d’une consultation collective et la co-construction des règles du jeu. Basé sur la confiance mutuelle de toute la communauté aucun perturbateur ne peut s’installer dans ce type de structure auto-régulée puisque la majorité fera poids pour le décrédibiliser.

Les différentes formes de partage

Nous reprendrons le travail de traduction de … à propos de l’organisation proposé par Rachel Botsman : les trois systèmes de consommation collaborative présentés ci-dessous :

« 

  • Les product service systems, permettent de faire évoluer et transformer un produit vers un service : l’autopartage, les vélos en libre-service ou encore la location (organisée par un intermédiaire ou entre particuliers). Ces plate-formes s’inscrivent dans le cadre plus général de « l’économie de fonctionnalité », c’est à dire, faciliter et fluidifier les pratiques quotidiennes.
  • Les systèmes de redistribution, organisent le passage de biens d’une personne les possédant à une personne les recherchant. C’est le principe du C to C, de Thredup et des plate-formes comme LeBonCoin mais aussi du troc, du don, de l’échange basé sur des système de recyclage, récupération, réparation et transmission.
  • Les styles de vie collaboratifs, regroupent les formules de partage de ressources entre particuliers : espace, temps, compétences. Couchsurfing ( offre et demandes hébergement gratuit chez l’habitant), Colunching (regroupement d’indépendants pour prendre les repas en commun), Coworking ( espaces de travail partagé pour le mise en relation des travailleurs indépendants), Cohousing (logements de groupes qui conservent les bénéfices de la maison privée, tout en permettant la vie en communauté), etc. Le prêts entre particuliers et les achats groupés feraient ainsi partie de cette catégorie.

»

« Si la crise a été un évident accélérateur du mouvement par la contrainte budgétaire qui en a résulté, elle ne saurait expliquer à elle seule le rejet croissant dont l’hyperconsommation fait actuellement l’objet. » Le développement des réseaux sociaux, et des espaces interactifs, la prise de conscience environnementale, et le besoin de recréer des lien sociaux dans un « climat de confiance » accompagnent le processus d’appropriation qui permet le développement de l’économie de partage. A partir de cette typologie de dispositifs organisée par Rachel Bostman, nous propons d’interroger les différentes valeurs que portent ces systèmes et les formes qu’ils peuvent prendre en fonction de ces mouvements de société.

Formes économiques,

Nous pourrions souligner les formes économiques du partage. Supportées par l’émergence des nouveaux « systèmes-produits-services », elles se développent jusque dans les systèmes de finance (Kisskissbankbank, en France Ulule). C’est le principe du crowdfunding : un système de micro-financement collectif qui permet de faire appel à un réseau de multiples micro-financeurs pour tester la validité et l’intérêt du lancement d’un nouveau projet. Avec Ulule, n’importe qui peut inscrire un projet et le budget souhaité pour son développement en lançant un appel à participation dans son réseau. Le projet sera financé par les personnes intéressées qui souhaitent le soutenir. En un mois, il doit obtenir le total du financement demandé. Les dons sont accumulés petit à petit (à hauteur de 10 euros minimum) et débité seulement si le financement est atteint avant la fin du mois, preuve que le projet aura mobilisé un assez grand nombre de personnes pour qu’il puisse garantir et revendiquer son utilité collective. Si ces innovations viennent à investir le milieu de la finance, c’est bien que la consommation collaborative, est une forme d’alternative économique.

Un dispositif tel que les SEL (services d’échanges locaux, permettent l’échange de services de temps et de compétences entre particuliers d’un même territoire), illustrent aussi cette alternative économique en générant des échanges sans transactions financières. La question du système monétaire est extrêmement remis en cause dans la nouvelle économie de partage. Les systèmes d’échanges locaux fonctionnent avec une monnaie fictive parallèle sans profit et sans spéculation. Interrogée par Le Monde, Laurence Fontaine, historienne et directrice de recherche au CNRS voit dans le mouvement un rejet de l’économie capitaliste :

Formes ergonomiques,

Le partage des biens et des services n’a pas qu’une plus valu économique, elle est réellement devenue plus adéquat aux modes de vies et aux préoccupations actuelles.

« Tout comme le collaboratif appliqué à l’organisation du travail a permis de tirer un meilleur parti des ressources humaines, le collaboratif appliqué à la consommation engendre une optimisation des ressources naturelles et matérielles. Internet et les systèmes Peer-to-Peer* investissent progressivement tous les espaces de notre vie quotidienne pour mieux les renouveler : il y a dans le collaboratif une idée d’optimisation mais aussi de rupture. »

Dans le classement de Rachel Bostman, nous voyons bien que la mutualisation des biens et es services pour l’économie des moyens n’est pas l’unique motif de la nouvelle économie de partage. Quand nous parlons de « systèmes de redistribution », il s’agit de révéler les formes ergonomiques de la consommation collaborative. Ces nouveaux dispositifs d’échanges prolongent effectivement la vie des produits, et apportent avant tout des solutions « pratiques » au quotidien complexe d’une société centralisée. Dans la consommation collaborative, «’je revends sans me déplacer’, ‘je trouve ce qu’il me faut chez mon voisin’, ‘je n’achète plus, j’emprunte et plus rien ne m’encombre quand je n’en ai plus besoin’, etc.

*Peer-to-Peer : Selon Michel Bauwens, « le P2P [ou échange entre pairs] est une forme d’organisation basée sur les réseaux, reposant sur la libre participation de partenaires équipotents engagés dans la production de ressources communes. Il ne recourt pas aux compensation financières comme motivation principale, et n’utilise pas les méthodes traditionnelles de commande et contrôle. Il crée un Commun plutôt qu’un marché ou un état, et se base sur des relations sociales pour allouer les ressources, plutôt que sur un mécanisme de prix ou un système hiérarchique. »

Les systèmes de récupération, de don, de redistribution, d’achat-vente etc. se sont aussi développés sur la prise de conscience des usagers face à notre société d’abondance. Le besoin de consommation est remis en cause et les consommateurs s’organisent petit à petit en réseau de « consom’acteurs ». Les alertes environnementales grandissant, le mouvement de consommation collaborative accueille aussi les partisans du mieux vivre et de l’économie locale. effectivement la nouvelle économie de partage supporte des modes de vie responsables, à travers le recyclage des produits, les systèmes de trocs et en général tous ces dispositifs qui ralentissent la société de consommation. C’est pourquoi les nouveaux groupes d’achats comme les AMAP qui sont à l’origine du concept de « consom’action » (associations pour le maintien d’un agriculture paysanne) organisent à la fois une alternative économique (court-circuitant la grande distribution) et à la fois une alternative ergonomique, proposant la distribution en « paniers » de divers produits locaux chaque semaine. Les systèmes locaux sont des réponses économiques et pratiques. C’est réellement une nouvelle pratique alimentaire qui se met en place avec le dispositif des paniers d’AMAP. Les familles doivent composer chaque semaine avec des produits différents des menus sur une semaine, mais au-delà encore, il s’agit d’un contrat de réciprocité entre un consom’acteur qui s’engage à faire vivre un agriculteur contre quoi celui-ci fournit le nécessaire alimentaire pour la famille. C’est encore un système de confiance entre un producteur et un consom’acteur qui permet cete nouvelle relation. Effectivement le contrat en AMAP sous-entend être en lien avec son agriculteur et échanger avec lui bien plus que de l’argent.

Formes sociales

Au-delà de la fluidifiant des échanges, tant au niveau économique qu’ergonomique, la nouvelle économie de partage reflète des valeurs sociales que beaucoup expriment comme sa forme la plus fondamentale. Le co-voiturage, est une solution pratique et économique, mais aussi une nouvelle forme sociale, par ce qu’une forme de rencontre. Certains des dispositifs collaboratifs de l’économie de partage sont des formes sociales plus dominantes, tous les systèmes proposant aux travailleurs indépendants de retrouver des pairs pour partager du temps, comme le co-lunching, ou le site de super Marmite ouvre la porte de nouvelles expériences sociales autour du repas. Super Marmite par exemple est une plat-forme proposant à ceux qui aiment faire la cuisine et la partager, de préparer quelques parts en plus à mettre à disposition sur un site internet qui géolocalise toutes les offres. Ainsi les voisins peuvent entrer en contact avec eux autour du partage d’un plat cuisiné spécialement pour permettre cette nouvelle relation. Les SEL Ils illustrent aussi une forme ergonomique dans le sens où les participants retrouvent des services de proximité et la transmission des savoirs et savoir-faire. Mais le SEL est avant tout un réseau social de proximité. Certaines plate-formes collaboratives sont entièrement dédiées à la reconstitution du lien social de proximité. L’économie de partage met au cœur de ses valeurs le tissus du lien social. C’est pourquoi certaines formes de dispositifs sont entièrement dédié au progrès social. La plate-forme voisinâge par exemple, s’est développée autour du problème d’isolement que connaissent certaines personnes âgées. Voisinâge permet aux voisins des personnes âgées quise portent volontaires, de s’organiser pour partager et échanger avec elles. Ces formes sociales de l’économie de partage sont au cœur de sa dynamique et de son développement.

La satisfaction n’est pas contenu dans l’objet échangé mais dans l’acte d’échange et la rencontre qu’il permet. Moins une communauté d’intérêt qu’une communauté de lien, l’économie de partage appelée par Bernard Stiegler « économie participative », est d’abord l’expérience de nouvelles formes relationnelles. Stéphane Hugon, sociologue et cofondateur du cabinet Eranos, partage ce constat :

« Cette nouvelle consommation sonne le glas d’une approche de la société et des marchés à partir de « l’individu rationnel qui optimise sans contrainte ». A-t-il d’ailleurs jamais été rationnel ? […] La consommation est ici largement motivée par une recherche de relation sociale qui vient épaissir le prétexte rationnel d’un geste qui n’est économique que par extension. C’est probablement toute notre culture économique qui s’en trouve modifiée. »

l’espoir de la consommation collaborative

« Ces formats d’échanges de produits et de services qui se développent  un peu à l’écart du monde de la grande consommation ne sont qu’embryonnaires ;  ils n’en ont pas moins beaucoup d’avenir. Parce qu’ils créent une convivialité, une confiance qui fait défaut à l’extérieur, ils attirent à eux de nombreux adeptes, intrigués par ces étranges manières, puis désireux de faire partie de cette petite société-là, au moins par bribes, par moments, par intérêt. »

Effectivement le développement l’économie de partage est en plein essor aujourd’hui. Pour comprendre cette fulgurante croissance, il s’agit de bien analyser les éléments qui constituent les dispositifs partagés. Sont-ils amenés à se développer ?Quelles sont les atouts et les limites de la consommation collaborative ? Quels processus se mettent en place empiriquement pour innover dans l’économie de partage, et quelle place le designer a-t-il déjà pris dans les dispositifs participatifs ? Comment le designer peut-il envisager soutenir la « propagation » du partage ?

« Sans que nous nous en rendions forcément compte, nous nous mettrions donc à moins posséder » écrit Antonin Léonard. Petit à petit les consommateurs viennent à privilégier la pratique, à préférer le contenu au contenant, et à « partager » contre « posséder ». Cette prise de recul a été facilité par d’abord par l’industrialisation du travail et des produits, puis par le réseau web favorisant la dématérialisation et l’abstraction des biens et des services.

R. Barthes écrit à propos de l’automobile « … l’uniformité des modèles semble condamner l’idée même de performance technique : la conduite devient alors le seul champ possible où investir des fantasmes de puissance et d’invention. L’automobile transmet son pouvoir fantasmatique à un certain corps de pratiques. […] ce ne sont plus les formes et les fonctions de l’automobile qui vont solliciter le rêve humain, c’est son maniement. »

Effectivement das l’ère industrielle selon Bernard Stiegler, les consommateurs ont été dissociés des producteurs. Cette première ‘discociation’ est une étape d’abstraction qui dépossède l’homme de ses compétences techniques. Les machines assumant cette complexité depuis la révolution industrielle, il concentre moins ses désirs sur l’objet technique que sur la sensation, l’expérience de celui-ci. De même que pour les années suivantes, Bernard Stiegler parle de l’industrialisation des services, comme d’un processus de dématérialisation et de ‘dissociation’. Pourtant internet est un outil qui peut aussi bien servir le processus inverse. Observons le développement de l’économie du libre tout à fait lié à celui de l’économie de partage : les membre du réseau Linux sont tous à la fois producteurs et utilisateurs. Chaque nouveau membre de la communauté du livre devient praticien en interagissant au sein du réseau pour son développement.

Internet « est par excellence le milieu technique qui permet de mettre en œuvre un modèle industriel reposant non plus sur une opposition des producteurs aux consommateurs, mais sur une association des destinateurs et destinataires, productrice d’une nouvelle forme de socialité. » réenchanter le monde

C’est bien en partie grâce à l’avènement de ce nouveau réseau interconnecté que la nouvelle économie de partage a pu se développer. Ce milieu associé qu’est internet, où « associé » signifie selon Stiegler un milieu propice à l’individuation comme nous le verrons plus tard, est considéré comme « l’évolution bénéfique d’un objet vers un réseau, un « dispositif » à pratiquer. La dématérialisation des contenu à pratiquer invitent le designer à faire évoluer ses pratiques. Effectivement, c’est déjà dans l’offre d’un service qu’il faut proposer de pratiquer et non de consommer. Le rôle du designer serait-il alors de « donner à pratiquer » ? Stiegler conclue : « L’économie participative est ce qui doit venir remplacer l’économie de services ». Alors, on peut imaginer que le designer ait un rôle à jouer dans la transition entre l’industrie de la consommation et les services de proximités œuvrant pour des dispositifs où chacun peut reprendre sa liberté de « pratiquer ».

S le designer a une place stratégique dans l’accompagnement de ces nouveaux modes de vie. On aura pas besoin de soulever le fait que la plupart de ces innovations n’existent qu’au travers du web. A quand les stations reconnues de co-voiturages sur lesquelles on viendrait simplement attendre une voiture sans plus passer par le système du réseau internet ? Comment retranscrire tangiblement l’activité de cette économie participative numérique ? Considérée comme « alternative », celle-ci ne concerne pas encore la grande majorité de la population. Avant de répondre à ces questions, il s’agit de mieux comprendre ce que veut dire partager. Si l’émergence de cette économie révèle limpidement le besoin de nouveaux échanges, comment le partage y répond-il ? Est-il toujours une solution ?

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